Deux camions, deux à trois passages par semaine : c’est, pour l’essentiel, ce dont dispose Kribi pour collecter les 12 000 tonnes de déchets ménagers qu’elle produit chaque année, selon une étude universitaire de 2021 — un volume qui a mécaniquement augmenté depuis, sans nouvelle estimation officielle.
Kribi est pourtant un pôle touristique et économique en croissance rapide, sur la côte sud du Cameroun. Dans les quartiers accessibles, les habitants déposent leurs ordures le long des voies en attendant le passage des camions ; les bacs publics manquent, et l’attente s’allonge.
Les déchets collectés aboutissent à la décharge de Mpangou, en banlieue sud-est : un terrain déboisé, sans aménagement, que les pluies transforment en étang d’eaux souillées — un foyer identifié de vecteurs de maladies tropicales et de pollution des sols.
Deux systèmes coexistent de fait. À côté de la collecte municipale, une gestion individuelle s’est installée dans certains quartiers fermés : les ordures y sont jetées derrière les habitations, où elles servent parfois d’engrais pour les bananiers.
La Communauté urbaine a annoncé un plan de renforcement de la collecte, mais les moyens engagés ne suivent pas le rythme de l’urbanisation. Les quartiers spontanés, comme Kribi 2e, restent les plus exposés.
Avec deux camions pour toute une ville touristique en expansion, l’écart entre la collecte disponible et les tonnages produits ne peut que se creuser — et Mpangou, déjà saturée, en absorbera la différence.




