Un barrage vieux de cinq ans va servir de socle à l’un des plus gros projets énergétiques du Cameroun. Electricity Development Corporation (EDC) a lancé, le 12 août 2026, deux appels d’offres pour les études détaillées d’un complexe hydro-solaire annoncé à 400 MW autour du site de Mbakaou, dans l’Adamaoua.
Le budget combiné des deux marchés, réservés à des candidats nationaux, s’élève à 1,45 milliard de FCFA — un montant qui ne couvre que les études techniques, environnementales et sociales, pas la construction elle-même.
La configuration retenue par l’étude de faisabilité prévoit trois unités : 54 MW d’hydroélectricité en amont du barrage existant, 234 MW en aval, et 111 MW de solaire. EDC précise que ce schéma peut encore évoluer à l’issue des études détaillées.
L’intérêt du montage hybride est de compenser, par le solaire, les variations saisonnières du débit d’eau — un problème récurrent pour les barrages d’Afrique centrale. À 400 MW, Mbakaou rivaliserait avec les plus gros ouvrages énergétiques du pays.
La proximité des frontières nigériane et tchadienne nourrit des ambitions d’exportation d’électricité et d’intégration régionale. Pour l’Adamaoua, région souvent enclavée, un réseau stabilisé ouvrirait la voie à des activités agro-industrielles.
Le projet reste au stade des études, loin du financement. Construire du 400 MW se chiffre en centaines de milliards de FCFA — une somme que les 1,45 milliard investis aujourd’hui n’annoncent encore que sur le papier.




