Le voyage a failli ne jamais commencer. À quelques jours du coup d'envoi du Championnat d'Afrique féminin de volleyball, à Nairobi, la délégation camerounaise était encore bloquée au pays quand ses adversaires rejoignaient déjà le Kenya — un retard de départ qui a fait planer la menace d'un forfait, sur fond de préparation bâclée et de staff incomplet signalés dès le mois de février.
Sur le terrain, les Lionnes Indomptables ont renversé le scénario. Invaincues et sans le moindre set concédé pendant toute la phase de poules, elles ont écarté l'Ouganda en quart de finale (25-18, 25-20, 25-18) pour s'installer dans le dernier carré, seules à afficher un parcours aussi net avec l'Égypte.
La demi-finale, jeudi, a buté sur le pays hôte. Porté par la salle de Kasarani, le Kenya — tenant du titre et nation la plus titrée du continent — s'est imposé 3-0 (25-19, 25-20, 25-20). Le Cameroun a fait jeu égal dans la première manche avant de lâcher prise dans les fins de set.
Restait la petite finale, contre le Rwanda, pour ne pas rentrer les mains vides. Les Camerounaises l'ont réglée en trois sets secs (25-17, 25-16, 25-19), sans jamais laisser leur adversaire recoller. Médaille de bronze, et surtout troisième et dernier billet africain pour la Coupe du monde 2027, que la FIVB réserve aux trois premières nations du continent.
Le titre est revenu à l'Égypte, victorieuse du Kenya en finale (25-22, 25-15, 25-15) : un premier sacre continental en vingt-trois ans pour les Pharaonnes, qui empochent au passage la place africaine pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Le volley féminin camerounais sort de cette quinzaine réhabilité, après des années de crise fédérale — dirigeants contestés, primes en retard, sélections envoyées à l'étranger sans préparation. Avant les demi-finales, le ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, avait résumé la consigne en deux mots : garder le « fighting spirit ».
Trois semaines après le premier trophée continental des footballeuses, à Rabat, une deuxième équipe nationale féminine ramène une médaille et une qualification mondiale. De quoi nourrir un constat que l'appareil sportif camerounais peine encore à assumer : ses résultats féminins avancent plus vite que ses moyens.




