Un violoncelle qui dialogue avec un ngoni malien, une guitare folk qui épouse les rythmes du highlife : voilà la signature de Me and My Friends, quintet britannique formé à Leeds qui a fait de la fusion son terrain de jeu depuis plus d'une décennie.
Le déclic remonte à un voyage. Nick Rasle, guitariste, chanteur et meneur du groupe, a vécu au Sénégal une expérience qui a durablement infléchi sa manière d'écrire. Emma Coleman, violoncelliste et chanteuse, complète ce noyau créatif aux côtés du batteur Fred Harper — un trio de figures que le groupe cite volontiers, aux côtés du malien Bassekou Kouyaté, comme sources d'inspiration directes.
*Bring Summer*, leur dernier album sorti en novembre 2025, aborde sans détour la peur de vieillir seul et l'importance des liens familiaux — des thèmes universels traités avec une légèreté qui n'a rien de superficiel. Le disque assume pleinement son mélange de folk anglais, d'afrobeat, de highlife et de reggae racines, sans jamais donner l'impression d'un exercice de style.
Ce qui distingue Me and My Friends d'une simple appropriation de sonorités africaines, c'est la sincérité du geste : le groupe ne pioche pas dans un répertoire exotique pour se donner un vernis, il construit un langage musical commun avec les artistes qui l'ont inspiré.
À l'heure où les frontières culturelles se referment souvent plus vite qu'elles ne s'ouvrent, cinq musiciens de Leeds continuent, à leur échelle, de prouver qu'un pont sonore entre l'Angleterre et l'Afrique de l'Ouest tient encore la route — et fait danser au passage.




