« Vous avez écrit une nouvelle page de notre histoire. » La formule de Samuel Eto'o, prononcée au siège de la Fecafoot au lendemain du retour triomphal des Lionnes Indomptables à Yaoundé, a le ton des grands jours. Les joueuses venaient de battre le Malawi 3-0 en finale de la CAN féminine 2026, le 16 août à Rabat — le tout premier titre continental de l'histoire du football féminin camerounais.
Le président de la Fecafoot n'a pas ménagé les superlatifs devant les championnes : « Au terme d'un parcours remarquable, fait de courage, de sacrifices, de solidarité et de détermination, vous avez porté le Cameroun au sommet de l'Afrique », a-t-il lancé, avant d'ajouter que « nos Lionnes nous rappellent une nouvelle fois ce dont le Cameroun est capable lorsque nous avançons ensemble, unis derrière notre drapeau ».
Pour Eto'o, élu à la tête de la fédération en décembre 2021, ce sacre a une saveur particulière : c'est le premier titre continental que remporte une sélection nationale camerounaise sous sa présidence. Un mandat qui n'a pourtant pas été un long fleuve tranquille, entre le partenariat controversé signé le 30 juin 2022 avec l'opérateur de paris sportifs 1XBet et un bras de fer judiciaire avec Geremi, président du syndicat national des footballeurs, tranché en sa faveur en octobre 2023.
Ces dossiers sensibles — gouvernance interne contestée, relations tendues avec les syndicats de joueurs — n'ont pas disparu avec la victoire des Lionnes. Mais ils passent, pour quelques semaines au moins, au second plan : Eto'o dispose enfin d'un résultat sportif à opposer à ses détracteurs, là où il ne pouvait jusqu'ici avancer que des promesses.




