Le 20 juin 2026, le gouvernement de Yaoundé réaffirme son indignation face à l’usage illégal du pavillon camerounais par deux navires appartenant à la flotte fantôme russe, interceptés successivement au large des côtes françaises et dans la Manche.
Le premier de ces pétroliers, le Tagor, a été saisi le 7 juin au large de la Bretagne par les autorités françaises. Le navire, immatriculé sous le drapeau du Cameroun, transportait du pétrole que Moscou aurait destiné à contourner l’embargo imposé par la communauté internationale.
Une semaine plus tard, le 14 juin, le second pétrolier, le Smyrtos, a été arrêté dans la Manche par l’armée britannique, en coordination avec la France. Cette opération a confirmé la présence persistante de deux navires russes utilisant le pavillon camerounais pour masquer leurs activités illicites.
Le ministre des Transports du Cameroun, Jean, a réagi le 15 juin en dénonçant une utilisation « frauduleuse » du drapeau national. Dans un communiqué officiel, il a rappelé que le pavillon doit refléter la conformité aux normes internationales et non servir de bouclier à des opérations clandestines.
Moscou s’appuie sur ces navires pour financer sa guerre en Ukraine, écoulant du pétrole sous embargo grâce à des itinéraires détournés. Le recours à des pavillons étrangers, dont celui du Cameroun, constitue une stratégie courante pour échapper aux contrôles douaniers et aux sanctions économiques.
Pour le Cameroun, la visibilité de ces interceptions expose le pays à un risque de réputation maritime. Les assureurs et les opérateurs portuaires pourraient réévaluer leurs engagements, entraînant une hausse des primes et une possible réduction des appels d’offres internationaux. Le gouvernement est donc confronté à la nécessité de renforcer la surveillance de ses navires et de clarifier les procédures d’enregistrement.
À l’avenir, les autorités camerounaises devront collaborer étroitement avec leurs partenaires européens pour identifier et bloquer toute utilisation abusive du pavillon. Une vigilance accrue, couplée à des contrôles plus rigoureux, pourrait protéger la souveraineté du drapeau et garantir que le secteur maritime du Cameroun reste un acteur fiable sur la scène mondiale.




