Soixante-dix participants venus de plusieurs pays d'Afrique centrale se sont réunis à N'Djamena du 10 au 12 février 2026 pour un atelier régional consacré à la coordination des systèmes d'alerte précoce face aux catastrophes climatiques. La rencontre s'inscrivait dans le cadre du mécanisme panafricain AMHEWAS, porté par la Commission de l'Union africaine avec l'appui du PNUD, de la CEEAC et de l'initiative internationale « Alertes précoces pour tous ».
L'atelier tchadien faisait suite à une étape antérieure du même programme : en juillet 2023, le Comité directeur et le groupe de travail technique d'AMHEWAS s'étaient déjà réunis à Windhoek, en Namibie, avec le soutien financier de l'Italie, de la Suède, du bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe et de la coopération allemande (GIZ).
L'Afrique centrale concentre des vulnérabilités climatiques particulièrement lourdes : inondations récurrentes, sécheresses et épidémies y frappent des populations et des économies déjà fragiles. L'objectif affiché à N'Djamena était de renforcer des dispositifs multi-risques pilotés au niveau national, jugés plus efficaces qu'une coordination uniquement continentale pour anticiper les catastrophes et protéger les communautés exposées.
Pour l'Union africaine, l'alerte précoce n'est pas qu'une question technique : gérés localement, ces systèmes s'adaptent mieux aux réalités du terrain et renforcent la souveraineté des États sur leur propre gestion des risques, plutôt que de dépendre d'observations extérieures.
Le choix du Tchad comme pays hôte n'est pas anodin : le bassin du lac Tchad cumule crise sécuritaire et vulnérabilité climatique, ce qui en fait un terrain d'essai particulièrement exigeant pour la coordination régionale que vise AMHEWAS.
Le Cameroun, confronté à des inondations récurrentes dans le Nord et l'Extrême-Nord ainsi qu'à des épisodes de sécheresse qui fragilisent agriculteurs et éleveurs, fait partie des pays directement concernés par cette coordination régionale, aux côtés du Tchad, du Congo, du Gabon et de la Centrafrique.
La prochaine échéance pour AMHEWAS sera de transformer ces ateliers de coordination en dispositifs opérationnels sur le terrain, un chantier que la Commission de l'Union africaine et le PNUD suivent conjointement dans plusieurs régions du continent.




