Le Cameroun fait partie des sept pays africains identifiés par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) comme portes d'entrée stratégiques pour le développement des carburants d'aviation durables (SAF) sur le continent — une reconnaissance suivie, fin août, d'un premier acte concret.
Le 31 août 2026, la Cameroon Civil Aviation Authority (CCAA) a officiellement lancé une étude de faisabilité sur la production locale de SAF, dans le cadre du programme ACT-SAF de l'OACI et avec un financement de l'Union européenne.
L'étude doit évaluer les ressources de biomasse disponibles dans le pays, les technologies de production adaptées, ainsi que les conditions d'infrastructure, de réglementation et d'investissement nécessaires pour bâtir une filière nationale. Ses conclusions doivent déboucher sur une feuille de route alignée sur les standards de l'OACI.
Ces carburants, produits à partir de résidus agricoles ou d'huiles usagées, peuvent réduire jusqu'à 80 % les émissions de CO₂ par rapport au kérosène classique sur l'ensemble de leur cycle de vie — un argument de poids alors que le programme CORSIA de l'OACI, adopté en 2016, imposera dès 2027 des règles de compensation contraignantes à l'ensemble des États membres.
Sur le terrain, la CCAA vise à sécuriser 500 hectares dans la zone industrielle de Kribi pour y implanter un futur site pilote de production. Le choix n'est pas anodin : la ville dispose déjà d'un port en eau profonde et d'une logistique industrielle en expansion.
L'avancement du dossier a été passé en revue le 6 août 2026 à Yaoundé par un groupe de travail interministériel, signe que le projet dépasse le seul périmètre de l'aviation civile pour associer plusieurs administrations.
Reste que tout dépend désormais des résultats de l'étude, attendus dans les prochains mois : ce sont eux qui détermineront si une production camerounaise de SAF est techniquement, économiquement et environnementalement viable — et si les 500 hectares de Kribi accueilleront un jour de premières installations.




