Un sac plastique à la main, Alain arpente chaque matin les rues du quartier Yassa, à Douala, à la recherche de bouts de métal à revendre. Il a 8 ans. Ce n'est pas un jeu : c'est devenu son emploi du temps depuis que son père est mort, il y a trois ans.
La famille tient dans une pièce de bois vétuste. Sa mère, fragilisée par un accouchement difficile, élève seule quatre enfants : un aîné de 11 ans, Alain, 8 ans, une petite sœur de 5 ans et un bébé de trois semaines. Le loyer accuse dix mois de retard.
Alain a arrêté l'école à la mort de son père. Chaque kilo de ferraille revendu rapporte quelques dizaines à quelques centaines de francs CFA — de quoi, espère-t-il, acheter des couches pour sa petite sœur et de la pâte d'arachide pour le repas du soir.
Sa vidéo a changé d'échelle en quelques jours. Relayée par Canal 2 International, elle a été partagée des milliers de fois et cumule des millions de vues sur les réseaux sociaux camerounais, provoquant une vague d'indignation et d'appels à la mobilisation.
Dans son sillage, des internautes et des figures publiques ont annoncé vouloir organiser une aide. À l'heure où ces lignes sont écrites, aucune remise de dons ni aide concrète n'a cependant été officiellement documentée — seule l'ampleur de l'émotion suscitée est, elle, mesurable.
Reste la question la plus simple, et la plus difficile : Alain retrouvera-t-il le chemin d'une salle de classe. Pour l'instant, c'est toujours dans la rue, un sac de ferraille à la main, qu'il continue de nourrir les siens.




