LLV LE MAG
Cameroun·Actualité·3 sept. 2026, 03:37

Cameroun : taux de participation des SVT à 18,98%, son plus bas depuis 2023

En juillet 2026, le Cameroun a enregistré un taux de participation des Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) de 18,98%, en dessous de la moyenne CEMAC (20,1%). Un recul qui interroge l'attractivité du pays sur le marché des titres publics.

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Selon les données de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) publiées par Investir au Cameroun, la participation des Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) aux Bons du Trésor assimilables (BTA) camerounais est tombée à 18,98% en juillet 2026, sous la moyenne communautaire de 20,1%. Il s'agit du niveau le plus bas enregistré depuis juillet 2023.

Ce marché est un rouage clé du financement des États de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) : les BTA permettent aux Trésors publics de lever des capitaux auprès de SVT, des institutions financières agréées par la BEAC.

Le recul camerounais s'inscrit dans un tassement général de la zone, mais il tranche avec les positions de deux voisins. La Guinée équatoriale affiche un taux de participation de 41,6% pour un taux d'intérêt de 7,87%, et le Congo 23,3% pour 7,24%, quand le Cameroun ne sert que 6,97% sur ses BTA. Seul le Gabon fait pire, avec une participation de 16,2%.

Le paradoxe est net : le Cameroun dispose pourtant du plus grand réseau de SVT agréés de la zone CEMAC, avec 22 établissements, sans parvenir à transformer cet avantage structurel en participation effective aux adjudications.

Ce différentiel de taux d'intérêt, conjugué au repli général du marché, peut traduire une perception accrue du risque par les investisseurs à l'égard de la signature camerounaise, dans un contexte régional où plusieurs États se disputent les mêmes capitaux disponibles.

La BEAC, qui supervise ce marché, n'a pas commenté publiquement ce repli. Une participation durablement basse compliquerait néanmoins le financement des projets publics camerounais, dans un contexte de forts besoins en infrastructures et en services sociaux, et exposerait Yaoundé à des taux plus élevés ou à d'autres sources de financement.

Le Cameroun se trouve à un carrefour sur ce marché régional : pendant que la Guinée équatoriale et le Congo tirent leur épingle du jeu avec des taux plus attractifs, Yaoundé doit identifier rapidement les leviers pour restaurer sa compétitivité, faute de quoi ses coûts d'emprunt risquent de continuer à grimper d'ici la fin de l'année.

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