L'ambassade des États-Unis à Yaoundé a annoncé, le 27 août 2026, qu'un investisseur américain va construire un data center dédié à l'intelligence artificielle à Douala. Cybastion, société basée en Virginie, prévoit d'y consacrer 75 millions de dollars, environ 45 milliards de FCFA, assortis d'une centrale électrique dédiée pour sécuriser l'alimentation du site.
L'annonce s'inscrit dans le sillage du Dialogue économique et commercial bilatéral Cameroun-États-Unis, tenu à Yaoundé, où un portefeuille d'environ 7 milliards de dollars d'opportunités d'investissement entre les deux pays a été présenté. Le projet de Douala en fait partie, mais reste subordonné à son bouclage financier et à la validation d'un calendrier d'exécution : rien n'est encore acté sur le terrain.
Cybastion n'en est pas à son coup d'essai sur le continent. En Côte d'Ivoire, l'entreprise pilote un portefeuille de 170 millions de dollars, dont plus de 100 millions garantis par l'Exim Bank américaine pour un data center souverain à Grand-Bassam, doublé de dispositifs de cybersécurité. Ce précédent ivoirien est la principale garantie de sérieux du projet camerounais à ce stade.
Le choix de Douala tient à son poids économique : la capitale économique concentre déjà l'essentiel des usages numériques du pays, ce qui en fait un point d'ancrage naturel pour un opérateur cherchant à s'implanter en Afrique centrale.
La centrale électrique associée au projet répond à un obstacle très concret plutôt qu'à une simple précaution : la fragilité chronique du réseau électrique camerounais freine régulièrement les projets d'infrastructures numériques sur le continent, et sécuriser sa propre alimentation permet à Cybastion de s'en affranchir dès le départ.
Reste que l'essentiel du travail est devant : le bouclage financier, le raccordement effectif du site et son articulation avec une stratégie nationale de souveraineté numérique encore à préciser conditionnent la concrétisation du projet.
L'initiative s'ajoute à une série d'annonces américaines récentes en Afrique centrale, dans un contexte où Washington, Pékin et les investisseurs du Golfe se disputent de plus en plus ouvertement les infrastructures numériques du continent.




