Un tribunal fédéral de Kansas City, dans le Missouri, a condamné le 26 août 2026 trois Américains d'origine camerounaise pour avoir financé et organisé le soutien logistique à des combattants séparatistes actifs dans les régions anglophones du Cameroun.
Francis Chenyi et Lah Nestor Langmi écopent chacun de 15 ans de prison, assortis de trois ans de mise à l'épreuve à leur sortie. Claude Ngenevu Chi, 43 ans, est condamné à 63 mois de détention, suivis de la même période de surveillance.
Selon l'accusation, Langmi a coordonné le financement d'enlèvements visant des personnalités locales, dont le chef traditionnel Fonmbam Aforteka et le cardinal Christian Tumi. Les fonds transférés depuis les États-Unis ont également servi à l'achat de composants pour des engins explosifs improvisés, avec des projets d'attaques visant des sites du Nord-Ouest ainsi que des infrastructures liées à la CAN 2021.
Cette condamnation illustre la dimension transnationale de la crise anglophone, qui oppose depuis 2016 les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à l'État central : une partie du financement des groupes armés transite par la diaspora installée aux États-Unis, où la justice fédérale a déjà prononcé plusieurs condamnations similaires ces dernières années.
Les procureurs américains présentent ce jugement comme un signal envoyé aux réseaux de financement basés à l'étranger, indépendamment du lieu où opèrent les combattants qu'ils soutiennent. Pour le Cameroun, cette décision judiciaire ne change cependant rien sur le terrain : les capacités locales des groupes séparatistes ne dépendent pas uniquement de ces circuits transatlantiques.
La crise anglophone, entrée dans sa dixième année, continue de faire des victimes et de déplacer des populations dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, sans perspective de résolution politique à court terme.




