Cinq propositions de loi visant à durcir la répression des féminicides et des violences basées sur le genre ont été déposées à l'Assemblée nationale du Cameroun — aucune n'a encore été examinée en séance plénière.
Le Social Democratic Front (SDF), principal parti d'opposition, accuse le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), au pouvoir, d'enterrer délibérément ces textes plutôt que de les mettre à l'ordre du jour.
La ministre de la Promotion de la femme et de la famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, avait pourtant exprimé en juin 2026 devant les parlementaires l'espoir de voir un texte examiné lors de la session de novembre — son ministère travaillant depuis à un projet de loi créant une infraction pénale autonome de violence basée sur le genre.
Le blocage parlementaire intervient alors que les chiffres officiels continuent de grimper : 50 féminicides recensés entre janvier et avril 2026 par le Minproff, dans une tendance déjà lourde (50 en 2023, 67 en 2024, environ 77 en 2025).
Pour les associations de défense des droits des femmes, l'écart entre les annonces gouvernementales et l'absence de calendrier parlementaire concret illustre une difficulté récurrente : transformer une prise de conscience publique en texte de loi applicable.
Tant qu'aucune des cinq propositions ne franchit l'étape de l'examen en plénière, le débat reste au milieu du gué — entre indignation médiatique et vide juridique persistant sur la qualification pénale du féminicide.




