LLV LE MAG
Afrique·Culture & Lifestyle·25 juin 2026, 11:25

Le difficile export de la musique camerounaise

Malgré une histoire riche et des talents comme Manu Dibango ou Libianca, la musique du Cameroun peine à franchir les frontières. Entre freins structurels et absence de politique publique, les artistes restent confinés à un marché local.

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Illustration éditoriale pour Le difficile export de la musique camerounaise

Le 25 juin 2026, le Cameroun célèbre une nouvelle fois son patrimoine musical, mais la scène internationale reste hors de portée. Le pays, berceau de légendes comme Manu Dibango, se heurte à un mur invisible qui empêche ses sons de voyager au‑delà de ses frontières.

De Francis Bebey à Salatiel, en passant par Libianca, la créativité camerounaise a toujours trouvé un écho mondial. Aujourd’hui, des artistes comme Lydol et Cysoul illustrent la même énergie, pourtant leurs titres peinent à atteindre les playlists étrangères. Le contraste entre la richesse culturelle et la visibilité limitée devient de plus en plus saisissant.

Dans l’industrie musicale, l’« export » désigne la diffusion et la vente d’œuvres à l’étranger. Ce concept a été le fil conducteur des « Chantiers Musicaux du Cameroun », une étude menée en 2024 par le Conseil Camerounais de la Musique (CCM) avec le soutien de l’Institut français du Cameroun (IFC). Le rapport met en lumière un potentiel créatif immense, mais révèle aussi des lacunes structurelles qui freinent l’accès aux marchés extérieurs.

« C’est toujours frustrant de savoir que la musique qui est faite à Maroua n’arrivera même peut‑être pas sur les scènes de Douala, combien de fois à l’extérieur ? », déclare Didier Toko, président du CCM et fondateur du Douala Music Art Festival (DOMAF). Son témoignage souligne l’écart entre la production locale et la diffusion nationale, un pas de plus avant l’international.

Les obstacles sont multiples : absence de politique publique dédiée, réseaux de distribution limités, et manque d’investissements dans les infrastructures numériques. Sans cadre institutionnel, les artistes peinent à obtenir des soutiens financiers, des accords de licence ou des placements dans les médias étrangers. Le résultat est un flux d’œuvres qui stagne, alors même que le public diaspora réclame des sons authentiques de son pays d’origine.

Pour les Camerounais, cette situation se traduit par une perte d’opportunités économiques et culturelles. Une musique qui ne circule pas à l’étranger ne génère pas les royalties, les concerts ou les collaborations qui pourraient dynamiser le secteur. Le pays laisse ainsi filer des revenus potentiels et voit son influence culturelle se réduire face à d’autres nations africaines plus exportatrices.

L’espoir repose sur une mobilisation collective : le CCM, les institutions publiques et les acteurs privés doivent co‑construire une stratégie d’export. Des mesures concrètes – subventions ciblées, programmes de formation à l’international et partenariats avec des plateformes de streaming – pourraient transformer la scène locale en un véritable tremplin mondial. Le temps est venu de faire résonner la musique camerounaise au‑delà de ses frontières.

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