TeddyBear, c'est le nom de scène de Jules Scinta, jeune artiste originaire de Mons, dans une Belgique où se croisent depuis des décennies rap francophone et héritages d'immigration. Issu d'une famille de musiciens siciliens installée dans la région montoise, il incarne cette Belgique faite de métissages et de résiliences discrètes.
Son parcours passe d'abord par la batterie, avant un virage décisif en 2023 : remplacé au pied levé un rappeur lors d'un concert en Flandre, il découvre le micro et n'en repart plus. De cette bascule naît « Chaussures roses », un titre devenu viral qui mêle rap, chanson et jazz, et dont le clip met en scène l'acteur François Damiens en coiffeur-psy improvisé, confronté aux mots crus de l'artiste.
Comparé à Eddy de Pretto pour la puissance émotive de sa voix, TeddyBear a depuis assuré les premières parties de Benjamin Biolay et Clara Luciani, avant de se produire à la Belgian Party et de préparer une date aux Transmusicales de Rennes en décembre 2026. Il vient de dévoiler un nouveau titre, « Enfin Bon ».
Dans un rap souvent associé à la posture et à la virilité performative, sa proposition détonne : faire de la tendresse un outil plutôt qu'une faiblesse. « Chaussures roses » parle d'identité, de peurs, de ce que l'on croit être et de ce que l'on révèle parfois sans y penser — un langage qui trouve un écho naturel dans les scènes urbaines africaines, elles aussi habituées à fusionner héritages locaux et influences globales pour dire l'intime.
Reste à voir si le succès viral se transformera en carrière durable. Mais la trajectoire de TeddyBear, d'un remplacement improvisé en Flandre à une date aux Transmusicales, dit déjà quelque chose de la vitesse à laquelle une voix singulière peut désormais se frayer un chemin.




