Sur la scène du Deep Learning Indaba 2026, à l'université Pan-Atlantic de Lagos, le fonds d'investissement Askya Investment Partners a dévoilé son nouveau programme, l'Askya AI Growth Platform. Objectif affiché : faire émerger, à l'échelle du continent, une génération d'entreprises technologiques capables de durer. Dix start-up seront sélectionnées pour ce premier cohort, chacune pouvant recevoir jusqu'à 200 000 dollars par l'intermédiaire des fonds gérés par Askya.
La particularité du dispositif tient à sa structure. Contrairement à la majorité des programmes d'accélération sur le continent, celui-ci ne prend aucune participation au capital des entreprises retenues et ne facture aucun frais d'entrée. Le programme est conçu et opéré en partenariat avec Magna Collective, qui apporte son expertise en accompagnement de start-up technologiques.
Basé à Dakar, Babacar Seck, fondateur et associé gérant d'Askya Investment Partners, ancien directeur général de Digital Africa, porte ce projet. Il s'est entouré d'un parrain de poids pour présider ce premier cohort : Tosin Eniolorunda, fondateur et directeur général du groupe Moniepoint, licorne nigériane du paiement.
Le programme s'étale sur six semaines, dans un format hybride mêlant sessions à distance et rencontres en présentiel. Il combine masterclasses, coaching individualisé et rencontres avec des entreprises partenaires, sur des thèmes allant de la technologie et du développement produit à la gouvernance et aux ventes. Les start-up sélectionnées auront aussi accès à des ressources de calcul et d'hébergement cloud.
Pour candidater, une entreprise doit être « IA native » — construite autour de l'intelligence artificielle plutôt que l'ayant ajoutée après coup —, tournée vers le marché africain, et se situer entre les stades pré-amorçage et série A. Askya exige un produit déjà fonctionnel et une demande client démontrée : pas de simple projet sur PowerPoint. La date limite de candidature est fixée au 30 septembre.
Dans un écosystème où la prise de participation reste la norme pour tout financement, même précoce, ce choix du zéro dilution tranche. Il traduit un pari : que soutenir des jeunes pousses sans capter immédiatement de parts profite davantage, sur la durée, à des entreprises qui doivent encore prouver leur modèle avant d'attirer des tours de table plus classiques.




