Camtel a lancé le 24 mars un appel d'offres pour 2,3 millions de cartes SIM compatibles 5G, pour une enveloppe de 500 millions de FCFA — un peu plus de 217 FCFA par carte. Sur le papier, une offensive claire contre les deux opérateurs privés qui dominent le marché mobile camerounais.
Sur le fond, pourtant, l'opération ne change rien dans l'immédiat pour les utilisateurs : il ne s'agit pas d'un lancement commercial de la 5G, mais d'un pré-positionnement technique — équiper les futurs abonnés en amont, avant que le réseau lui-même ne soit prêt.
Et le réseau n'est justement pas prêt. La 5G n'est pas encore autorisée à l'exploitation commerciale au Cameroun : le ministère des Postes et Télécommunications travaille toujours à finaliser le cahier des charges qui encadrera l'attribution des licences.
Le rapport de force donne la mesure du défi. Sur les revenus mobiles, Orange Cameroun pèse 50,08 %, MTN Cameroon 47,2% — et Camtel seulement 2,67 %, avec environ 2,1 millions de lignes actives, loin des bases d'abonnés de ses deux concurrents.
L'opérateur public ne mise pas que sur les SIM : 44,884 milliards de FCFA ont été alloués à la première phase d'extension de son réseau mobile — un effort d'investissement sans commune mesure avec son poids de marché actuel.
Le pari est clair, l'issue beaucoup moins : ce n'est ni une carte SIM ni un sigle « 5G » qui suffiront à faire basculer un marché aussi verrouillé. Le vrai test viendra quand le réseau, et pas seulement les puces, sera prêt à l'usage.




