Le constat vient de l’Institut d’études de sécurité (ISS), un centre de recherche basé à Pretoria, et a été relayé début septembre par RFI : au moins cinq commandants camerounais opèrent aujourd’hui entre Ngoshé et la forêt de Sambisa, au Nigeria, à la tête d’environ un millier de combattants déployés dans les départements du Mayo-Sava et du Mayo-Tsanaga, dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Chacun encadre de l’ordre de quatre cents hommes.
Leur valeur militaire tient à deux atouts : la maîtrise des langues locales, du kanuri au mandara, et une connaissance intime des pistes et des villages frontaliers. De là des incursions transfrontalières quasi quotidiennes, des enlèvements contre rançon, la taxation des marchés et le pillage du bétail.
Les chiffres de la violence restent élevés. L’ISS recense 714 attaques attribuées à Boko Haram en 2025, et 227 sur les six premiers mois de 2026.
Ce que décrit l’étude, c’est une bascule : d’un mouvement piloté depuis le nord-est du Nigeria, on passe à une chaîne de commandement de proximité, qui recrute localement et dépend moins des chefs historiques. Les populations de Kolofata, Mora ou Kerawa se retrouvent prises en étau entre ces cellules et les forces de sécurité.
Côté camerounais, la réponse repose sur la Force multinationale mixte et le déploiement du Bataillon d’intervention rapide. Mais le maillage reste troué sur une frontière poreuse de plusieurs centaines de kilomètres.
L’ISS recommande de viser en priorité les réseaux de financement local plutôt que les seules colonnes armées. Aucune donnée publique ne mesure encore l’effet des opérations en cours sur ces cellules.




