LLV LE MAG
Cameroun·Actualité·5 sept. 2026, 21:23

Cameroun : la rentrée du 7 septembre s'ouvre sur un double front d'enseignants en grève

Universités publiques en grève illimitée depuis le 3 septembre, opération « école morte » relancée par le COREC : la rentrée scolaire camerounaise du 7 septembre 2026 démarre sous double tension syndicale, autour d'une même dette de l'État.

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Illustration éditoriale — Cameroun : la rentrée du 7 septembre s'ouvre sur un double front d'enseignants en grève

Sept heures trente, lundi 7 septembre, sur tout le territoire : c'est l'heure officielle de la rentrée scolaire camerounaise. Mais deux mouvements d'enseignants n'ont pas attendu la première sonnerie pour se faire entendre — les universités publiques sont déjà à l'arrêt, et le collectif syndical de la base menace d'une « journée morte ».

Dans le supérieur, le Bureau exécutif national du Syndicat national des enseignants du supérieur (SYNES) a décrété une grève illimitée dans les onze universités d'État à compter du 3 septembre, affirmant que 80 % du corps académique suit le mot d'ordre. Ce n'est pas un accès de fièvre isolé : les universités publiques fonctionnent au ralenti depuis le 5 janvier 2026, et les activités académiques avaient déjà été suspendues jusqu'au 25 juin.

Le motif tient en deux lignes de trésorerie. D'un côté, l'allocation spéciale de modernisation de la recherche, impayée depuis le quatrième trimestre 2025 et pour les trimestres 2026 déjà échus. De l'autre, ce que le SYNES appelle la « dette académique » : heures complémentaires des jurys de master et de doctorat, vacations, expertises et primes d'enseignants-chercheurs, dues et non versées. Le syndicat reproche au ministre de l'Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, un silence qu'il assimile à un renoncement au dialogue social.

À l'école primaire et au secondaire, le front est plus large mais moins avancé dans le calendrier. Le Collectif des organisations syndicales des enseignants du Cameroun (COREC), une coalition d'une quinzaine d'organisations qui compte notamment parmi ses membres fondateurs le mouvement « On a Trop Supporté » (OTS) — celui-là même qui avait désorganisé les examens officiels de 2022 et 2023 —, a lancé une pétition nationale le 13 juillet et reconduit son opération « école morte » pour la rentrée.

Ses revendications, elles, sont anciennes : le statut spécial de l'enseignant, arrêté sur le principe mais jamais appliqué, doit entrer en vigueur « immédiatement ». Le Forum national de l'éducation, promis en 2019 puis en 2025, doit enfin se tenir. S'y ajoutent une convention collective élargie et un texte propre au secteur privé.

Face aux deux fronts, le gouvernement joue l'apaisement affiché. Le ministère des Enseignements secondaires a instruit ses responsables de démarrer les cours le 7 septembre sans interruption non autorisée, et l'exécutif répète vouloir « discuter » avec les syndicats — sans qu'aucune date de négociation ferme, ni calendrier de paiement, n'ait été rendu public à ce stade.

Pour les familles, le calcul reste concret : elles ont acheté les fournitures — environ 75 000 FCFA par enfant — et inscrit leurs enfants pour une année qui, dans le supérieur, n'a pas vraiment commencé, et qui, au primaire, risque de s'ouvrir sur des salles à moitié vides. Le point commun des deux grèves n'a rien d'idéologique : c'est une facture que l'État a signée et n'a pas honorée.

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