Vingt et un ans après le précédent comptage, en 2005, le quatrième recensement général de la population et de l'habitat du Cameroun — couplé à celui de l'agriculture et de l'élevage — s'achève le 15 septembre 2026. Lancées le 24 avril et prolongées à deux reprises, les opérations ont bouclé cette semaine leur tournée nationale à Kyé-Ossi, ville du sud du pays située à la frontière avec le Gabon et la Guinée équatoriale.
Sur place, les agents recenseurs pratiquent ce qu'ils appellent, dans le jargon du métier, le « ratissage » : une phase complémentaire consistant, selon l'un d'eux, Patrick, à « chercher à connaître ceux qui n'ont pas été identifiés ou dénombrés » lors du premier passage — un travail de repérage, porte à porte, sur des rendez-vous parfois pris plusieurs jours à l'avance et honorés au compte-gouttes.
Cette zone frontalière pose un problème spécifique, que le sous-préfet de Kyé-Ossi résume ainsi : « Ces difficultés étaient liées aux flux migratoires des populations qui, de temps en temps, pour les besoins économiques, migrent vers la Guinée équatoriale ou vers le Gabon, et vice versa. Donc, du coup, ça devient une population pratiquement instable. » Une circulation transfrontalière régulière, pour des raisons commerciales, qui rend le dénombrement mouvant par nature — les mêmes habitants pouvant se trouver, d'une semaine à l'autre, de part ou d'autre de la frontière.
La phase complémentaire de ratissage s'achève donc ce 15 septembre, mais les opérations vont se poursuivre dans un nombre restreint de zones dites « rouges », où l'insécurité a empêché tout déploiement d'agents jusqu'ici. André Mbairanodji, coordonnateur national du volet agricole du recensement (RGAE) et porte-parole des coordinations nationales de l'opération, détaille : « Dans ces zones à conflits qu'on appelle les zones rouges, on ne pouvait pas risquer d'y envoyer les agents recenseurs. Et il y a aussi des ménages où, malgré les efforts du gouvernement, on note encore quelques refus. Avec ces deux opérations, nous aurons les statistiques fiables. »
Une fois ces derniers foyers couverts, place à l'enquête post-censitaire, chargée d'entériner les chiffres collectés. La coordination du recensement n'a pas communiqué de taux de couverture national actualisé pour cette phase finale ; les données définitives ne seront connues qu'à l'issue de cette consolidation.




