Le choléra est réapparu dans l'Extrême-Nord du Cameroun à partir de la mi-juillet 2026, d'abord dans les districts de santé de Fotokol, Mada, Makary et Kolofata, où des cas de diarrhée aqueuse aiguë compatibles avec la maladie ont été signalés dès le 23 juin. Les analyses de laboratoire ont ensuite confirmé une épidémie due à Vibrio cholerae O1 Ogawa.
Les bilans communiqués depuis se suivent et augmentent. Au 2 juillet, le ministère de la Santé publique faisait état de 166 cas notifiés et 10 décès. Des points ultérieurs ont mentionné 585 cas et 19 décès, puis un bilan provisoire d'environ 1 000 cas et une trentaine de morts sur l'ensemble de la région, répartis sur plusieurs districts de santé.
Le chiffre qui inquiète le plus les épidémiologistes n'est pas le nombre de cas, mais le taux de létalité. Autour de 6 % sur les premiers bilans, il se situe nettement au-dessus des 2 à 3 % généralement observés lors des grandes vagues de 2022 et 2023 — un signe, souvent, d'un accès aux soins tardif ou insuffisant.
L'Extrême-Nord est une zone à risque récurrent : proximité de plans d'eau partagés avec le Nigeria et le Tchad, accès inégal à l'eau potable, mouvements de population liés à l'insécurité. Chaque saison des pluies y ravive le risque hydrique.
La riposte s'organise autour des leviers classiques : chloration de l'eau, prise en charge des cas dans des centres de traitement dédiés, sensibilisation à l'hygiène et surveillance renforcée aux points d'entrée. Son efficacité se mesurera à la vitesse à laquelle la courbe des nouveaux cas s'infléchit.
Tant que les bilans restent provisoires et divergents selon les sources, la prudence s'impose sur les chiffres exacts. Ce qui est établi, en revanche, c'est que l'épidémie n'est pas terminée et que sa létalité, plus élevée qu'à l'accoutumée, en fait un épisode à suivre de près.




